Château de BEAUREGARD
Le château au 327 portraits

 

Histoire du château :

L'historique du château remonte au XVI ème siècle : c'est à cette époque que François DOULCET achète la terre de Beauregard pour y aménager un rendez-vous de chasse dont il fait don, en, 1524 à son oncle le Bâtard d'Orléans, fils du duc de Savoie et d'une Piémontaise. Au décès de ce dernier lors de la bataille de Pavie, Beauregard revient à sa veuve, puis, en 1545, elle est acquise pour 2000 écus d'or par le  secrétaire d'Etat de Henri II, Jean Du Thier, seigneur de Ménars, et ami et protecteur de Joachim du Bellay et Ronsard.

Jean du Thier donna au château sa structure actuelle. Pour cela il dû l'agrandir pendant des travaux qui durèrent de 1553 à 1559. Jean du Thier fût aussi le secrétaire du connétable Anne de Montmorency et contrôleur général des finances.

En 1566, le château est repris par Florimond Robertet, petit-fils d'un secrétaire des finances de Louis XII, pourvu de la charge de secrétaire d'Etat par Catherine de Médicis à la mort de son prédécesseur. A sa mort, le château revint à sa veuve, Jeanne d'Halvin, puis à Philippe d'Angennes, le second époux de Jeanne.

En 1617, le château appartient à Paul Ardier, ancien trésorier d’Henri IV, qui se retira à Beauregard après avoir servi pendant cinquante ans 3 rois : Henri III, Henri IV et Louis XIII.

 Paul Ardier reçoit notamment à Beauregard, Richelieu et sa compagnie de mousquetaires  tandis que Louis XIII s'arrête avec sa Cour à Blois pour rendre visite à la reine mère, Marie de Médicis.  

C'est Paul Ardier qui fait exécuter la très célèbre "Galerie des Portraits" du château. L'œuvre sera en réalité exécutée sous trois générations d'Ardier : d'abord Paul Ardier, puis son fils Paul et sa petite-fille Marie, épouse de Gaspard de Fieubet. Louis XIV fit ériger la terre de Beauregard en Vicomté pour Paul Ardier fils. C'est le frère de Paul Ardier, connu sous le nom de Vineuil, qui y recevra par la suite Louis XIV et sa cousine, la Grande Mademoiselle.  

Quand Paul Ardier fils mourut en 1672, Beauregard revint à sa fille Marie. À sa mort, Gaspard de Fieubet entra dans les ordres et fit don de Beauregard à son fils, Paul de Fieubert à l'occasion de son mariage avec Angélique de Fouzcy. De cette union naquirent deux fils, l'aîné hérita de Beauregard à la mort de Paul en 1718.  Ce dernier transmit le château à Arnaud Pierre qui n'eut qu'une fille qui épousa le marquis de Gaucourt en 1752. Leur fils entreprit d'audacieux travaux de restauration et fit exécuter le beau parc à l'anglaise. Beauregard revint ensuite à sa fille unique qui épousa le vicomte de Jumilhac. Ce dernier, lieutenant général des armées du roi et grand officier de la Légion d'honneur, s'occupa plus de la terre que du château lui-même. Il tenta, sans succès, la culture de la betterave sucrière.  Il dut ainsi revendre le château à la comtesse de Sainte-Aldegonde. Sa fille Marie-Valentine de Sainte-Aldegonde, princesse de Courlande épousa en 1839, Alexandre de Talleyrand Périgord, duc de Dino. Cette dernière rajouta une nouvelle galerie (la galerie sud) à la galerie primitive (la galerie nord) et fit édifier une chapelle néo-gothique aujourd'hui disparue.  Le château fut ensuite acquis par le comte de Cholet en 1850, puis par Louis Thillier en 1912 qui commença des travaux de restauration. Il revendit le château en 1925 à M. et Mme de Gosselin, grands-parents des propriétaires actuels : le comte et la comtesse Alain du Cheyron du Pavillon.

La galerie des illustres :

Cette pièce, de 26 mètres de long et 6 mètres de large est entièrement pavée de carreaux en faïence de Delft du XVIIe siècle, comporte 327 portraits. Elle n'a pas été modifiée depuis le XVIIe siècle, date à laquelle elle fut commandée par l'ancien ministre d'Henri IV : Paul Ardier. Seules les couronnes des lambris ont été effacées à la Révolution et reconstituées par la suite. Cette galerie est faite de groupes de portraits des personnages illustres du règne de Philippe VI de Valois à Louis XIII (1328 à 1643).  Ces personnages sont pour l'essentiel des rois, des reines, des princes, des princesses et des hommes célèbres français ou étrangers. Ces 327 portraits sont des copies d'originaux exécutées par des peintres célèbres.  Beaucoup des toiles originales ont disparu à ce jour. Louis-Philippe fit recopier un certain nombre des portraits de Beauregard pour aménager le "Musée des Gloires de France" à Versailles.

Chaque groupe de portrait est associé à une devise et la représentation d'une allégorie :

Philippe VI : Ultorem ulciscitur ultor - A vengeance vengeance

Jean II le Bon : Monstrant regibus astra viam - Aux rois les astres pour guide

Charles V : Recte et fortiter - Droiture et bienveillance

Charles VI : Utcunque - Quoi qu'il arrive

Charles VII : Mi nutrisco - Je m'en nourris ( de flammes)

Louis XI : Immensi tremor oceani - Effroi de l'immense océan

Charles VIII : Hoc me Cesar dunavit - C'est un présent de César

Louis XII : Cominus et eminus - de prés et de loin (devise de l'ordre du porc-épic)

François Ier : Nutrisco et extinguo - je nourris et j'éteins

Henri II :

Cum plena est fit aemula solis - pleine (la lune), elle devient la rivale du soleil.

ou :

Donec totum impleat orbem - jusqu'à ce qu'il remplisse l'orbe tout entier (la gloire du roi irait en croissant jusqu'à ce qu'elle remplisse le monde)

François II : Unus non sufficit orbis - à l'étroit dans un monde, il en désire un autre

Charles IX : Pietate et justitia - par la piété et la justesse

Henri III : Manet ultima caelo - au ciel m'attend la dernière (couronne)

Henri IV : Duo protegit unus - une seule en défend deux

Louis XIII :

Erit haec quoque cognita monstris - celle-ci (une massue) sera aussi connue des monstres  

Claudo sed ut reseram - je le ferme (le port de La Rochelle), mais pour le rouvrir 

Le cabinet des grelots :

Ce cabinet de travail a été commandé par Jean du Thier à  Scibec de Carpi, un ébéniste italien qui travailla aussi à Fontainebleau pour Henri II et à Anet pour Diane de Poitiers.  Cette pièce tient son nom des armes du propriétaire : 3 grelots d'or sur fond d'azur qui servent de motif de décoration. Dans cette pièce, on voit des panneaux de tableaux représentant les différentes occupations de l'homme : la musique, la paix, la chasse, le jeu, la sculpture, l'orfèvrerie, la lecture, la guerre et la peinture.

La cuisine :

La cuisine du château a été utilisée depuis sa construction jusqu'en 1969. Cette cuisine comporte deux cheminées équipées de barres de fer pour retenir les bûches. La plus grande des deux comporte aussi un tournebroche qui est encore en état de marche.

 

 

Gravure ancienne de la façade nord du château

Le château de Beauregard

 

Galerie de portraits

Panneau 8 de la galerie - Règne de François II

et Charles IX

Panneau 12 - Règne de Louis XIII

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cuisine du château

 

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