Le Château de Loches

Histoire du château :

En 491, Ursus, venu de Cahors, créa un monastère sur une colline surplombant la vallées de l'Indre dans une ville nommée alors Lucca (Loches). Saint-Ours fit construire un moulin prés du monastère et y vécu jusqu'à sa mort en 508. A la même période fut construit en ces lieux un "castrum", c'est à dire un camp retranché romain. Loche devint ensuite une forteresse  détruite au VIII ème siècle par les fils de Charles Martel. Charles le Chauve fit néanmoins réaménager la forteresse au siècle suivant.

 

Louis le Bègue, fils de Charles le Chauve, érigea Tours en préfecture royale et nomma Ingelger préfet. Satisfait de ses services, il lui donne une partie du comté d'Anjou et lui fait épouser la fille du comte de Gatinais. De cette union naîtra Foulques le Roux qui épousera Roscille qui lui apportera la forteresse de Loches. C'est ainsi que naîtra la puissante famille des comtes d'Anjou (cliquez ici pour installer GENOPRO puis cliquez ici pour découvrir leur généalogie sous GENOPRO). Foulques le Bon releva les fortifications de la citadelle, tandis que Geoffroy Grise-Gonelle, homme trés pieux et pacifique décida de bâtir (en 965 ou 973) une église dédiée à Notre-Dame à l'emplacement même de l'église primitive Sainte-Marie-Madeleine construite au Vème siècle par Saint Eustoche. Geoffroy Grise-Gonelle dotera la nouvelle église d'une relique : la ceinture de la Vierge, qui existe toujours, pieusement conservée dans un coffre.

 

Le fils de Geoffroy Grise-Gonelle, Foulques Nerra, régna sur l'Anjou et la Touraine de 987 à 1040. Il érigea treize donjons pour protéger ses territoires, dont celui de Loches. Son épouse, Hildegarde, fit construire une chapelle, aujourd'hui détruite mais sur laquelle a été érigée la tour Saint-Antoine. Foulques Nerra mourut à Metz en 1040 mais fut inhumé prés de Loches en l'abbaye de Beaulieu. Des travaux entreprise en 1970 ont permis d'identifier son sarcophage. Geoffroy Martel succède à son père, puis, mourant lui-même sans héritier mâle, Loches revient en 1060 à ses neveux : Foulques le Réchin et Geoffroy le Barbu.

 

Le second fils de Foulques le Réchin,  Foulques V le Jeune, régna de 1109 à 1142 et fit l'unanimité en Touraine.  C'est le fils de Foulques V, Geoffroy le Bel, qui en 1128 épousera Mathilde, la petite fille de Guillaume le Conquérant, duc de Normandie et roi d'Angleterre. De 12 ans plus jeune que son épouse, Geoffroy le Bel dit Plantagenêt  parce qu'il planta une branche de genêt sur sa toque pourpre, fut le fondateur de cette dynastie. De leur union naquit Henri II Plantagenêt qui régnera jusqu'en 1189. Loches doit à Henri II Plantagenêt les magnifiques remparts qui entourent la ville haute, où l'on admire encore les chef-d'oeuvres de cette époque : notamment le donjon qui date du début du XII è siècle.

 

Le logis du gouverneur fut construit au XIV è siècle auprès du donjon. La Tour Neuve dite de Louis XI fut construite vers 1415. Louis XI en fit une prison redoutée. La collégiale Notre-Dame fut reconstruite à la même époque que le donjon par Thomas Pactius à partir de la primitive chapelle castrale et des restes de l'Eglise construite deux siècles plus tôt par Geoffroy Grise-Gonelle. Après la mort de Henri II, la lutte entre le roi de France et ses très puissants vassaux ne sera pas terminée pour autant. Philippe Auguste après un accord passé avec Jean sans Terre, prit possession de la forteresse de Loches, par surprise, en quelques heures, alors qu'elle était  réputée imprenable. Richard Coeur de Lion en reprit possession en 1194. Le roi de France s'en empara à nouveau en 1205. Ce dernier épisode marquera le fin de la présence des Plantagenêt à Loches.

 

Par la suite, Charles VII, en butte à la fois contre les anglais et la Bourgogne, résida soit à Loches et à Chinon. Après la victoire d'Orléans, Jeanne d'Arc vint à Loches fin Mai 1429 pour persuader le roi d'aller à Reims pour se faire couronner roi de France. Vers la même époque, Charles VII rencontra une jeune fille d'une étonnante beauté : Agnès Sorel, qui deviendra la première maîtresse officielle dont parle l'histoire. Aprés la prise de Rouen et l'expulsion des anglais, Charles VII prit ses quartiers d'hiver à Jumièges où sa maîtresse vint le rejoindre. C'est là qu'elle mourut en 1450 des suites d'une infection puerpérale violente qui l'emporta en quelques heures. Elle fut inhumée à Loches dans le choeur de la collégiale Notre-Dame où un magnifique tombeau lui fut érigé. Louis XVI puis le préfet Pomereul (1806)  firent déplacé le tombeau qui n'a rejoint sa place actuelle qu'en 1970. 

 

A partir de 1451, Charles VII séjourna très régulièrement à Loches. Pendant cette période, il releva les fortifications de la ville qui avaient beaucoup souffert de  plusieurs incendies. 

 

A partir de 1461, Louis XI fit de fréquents passages à Loches pour y chasser dans la forêt giboyeuse.

 

Après la conjuration d'Amboise, Loches, place forte, quartier général du calvinisme, sera occupée le 2 Juin 1562 par les troupes protestantes de Condé. Deux mois plus tard, le connétable de Montmorency, avec ses  troupes, délogera les protestants.

 

La tranquillité revenue dans la cité, le duc d'Anjou, futur Henri III, résida lui-même à Loches pendant une quinzaine de jours avant d'aller livrer la  bataille de Moncontour, le 3 Octobre 1569, qu'il remporta contre les protestants.

Hercule-François, duc d'Alençon, jeune frère de Henri III fut nommé  seigneur du Comté de Loches en 1579.

Par la suite, le favori d'Henri III, le duc d'Epernon passa par Loches en 1584 alors qu'il était envoyé en ambassade extraordinaire auprès d'Henri de Navarre (future Henri IV). Par la suite, Epernon supplanta Joyeuse au poste de gouverneur de Loches.

Le successeur d'Epernon sera son fils, Bernard de Nogaret, de la Valette et de Foix, Gouverneur de Guyenne. A sa mort, en 1661, il sera remplacé par le duc de Saint-Aignan, Gouverneur de Touraine et aussi gouverneur des châteaux des villes de Tour, Loches et Beaulieu. Son fils, Paul de Beauvilliers lui succédera à sa mort en 1687. Ce dernier épousera la fille de Colbert avec qui il aura 13 enfants.

Le construction du pont royal à Tours à la fin du XVIII è siècle détourna la plus grosse partie du trafic vers Tours au détriment de Loches.

A la veille de la Révolution, la forteresse et la prison royales de Loches avaient perdu beaucoup de leur importance. Les cachots, où des personnages illustres avaient été incarcérés au cours des précédents siècles étaient vides. Avec la Révolution, avant, pendant et après la Convention, Loches servit à nouveau de prison. Il est à noter que pendant cette période,  le tombeau d'Agnès Sorel n'a pas été dégradé. L'année 1793 fut néanmoins redoutable pour toutes les familles de la région appartenant à l'aristocratie. Après la Révolution, la désaffection pour Loches fut si importante que lorsque Prosper Mérimée, Inspecteur Général des Monuments Historiques, vint à Loches en 1841, l'herbe poussait dans le rue du château. Loches doit beaucoup à Mérimée : c'est grâce à lui et à Viollet-le-Duc qui l'accompagna en 1844 que le logis royal et la collégiale furent sauvés de la ruine. 

 

Les visiteurs célèbres du château :

En 1301, Philippe IV et son épouse séjournèrent à Loches pendant une semaine et y revinrent en 1307.

En 1510, Claude France, fille de Louis XII, fit son entrée à Loches, accompagnée d'Anne de Bretagne sa mère.

François 1er séjourna régulièrement à Loches pour y chasser.

En 1531, c'est Henri II qui fait son entrée dans la ville. 

En 1534, Jacques V roi d'Ecosse vint y rencontrer sa future épouse Madeleine de France.

En 1535, Eléonore d'Autriche fit une entrée royale suivie de son frère Charles Quint qui y fut reçu par François 1er 4 ans plus tard.

En 1559, François II et son épouse Marie Stuart vinrent à Loches où ils furent reçus de manière très solennelle.

En 1576, Catherine de Médicis vint à Loches où elle résida dans dans l'ancienne maison d'Agnès Sorel située rue du "Puy-Mourier".

En 1617, après l'assassinat de Concini, Louis XIII assigna sa mère à résidence au château de Blois. Avec la complicité d'Epernon, elle s'en échappa et fit halte dans sa fuite à Loches pendant un court séjour.

A partir du milieu du XVII è siècle, les séjours des membres de la famille royale se feront rare. En 1700, Philippe d'Anjou, petit-fils de Louis XIV fera un passage à  Loches lors de son voyage en Espagne pour y prendre possession de ce royaume. En 1739, c'est la fille de Louis XV, Marie-Louise-Elisabeth de France qui transitera par Loches pour aller épouser le fils de Philippe V.

Bien plus tard, le 30 Septembre 1944, Michel Debré sera accueilli à l'Hotel de Ville afin d'apporter à la population des paroles de confiance et d'espoir. Le 28 Mars 1945, c'est le Maréchal Leclerc qui y fera son entrée.

Les prisonniers célèbres du château :

Le duc d'Alençon fut incarcéré à Loches pour avoir pris les armes contre Charles VII.

Le cardinal de La Balue y fut aussi incarcéré pour avoir trahi Louis XI.

Philippe comte de Bugey et Seigneur de Bresse fut incarcéré  sous Louis XI pour avoir semé le trouble dans le Dauphiné.

Pierre de Brézé, grand sénéchal de Normandie, d'Anjou et du Poitou y fut incarcéré pour s'être commis à plusieurs reprises.

Commynes resta huit mois dans les geôles de Loches pour s'être révolté contre la régent Anne de Beaujeu alors que son frère Charles VIII était trop jeune pour régner.

Ludovic Sforza, duc de Milan, fut incarcéré à Loches lorsque Louis XII entreprit de revendiquer le duché de Milan, héritage de sa grand mère Valentine Visconti.

En 1519, eut lieu le complot fomenté par Charles Quint contre François 1er auquel prirent part le connétable de Bourbon, Jean de Poitiers Saint-Vallier. Le complot fut éventé et Jean de Poitiers fut arrêté et condamné à la peine capitale. C'est sa fille, Diane de Poitiers qui convint François 1er de commuer sa peine en incarcération. C'est ainsi qu'il fut emprisonné à Loches où il mourra peut de temps après des suites d'une fièvre (dite par la suite "de Saint-Vallier") qui l'emporta.

Pendant la Révolution, le docteur Viau (peu célèbre j'en convient), fut emprisonné à Loches avec son épouse pour avoir commis l'imprudence d'être trop charitable dans la délivrance des certificats pour éviter l'incarcération de vieillards plus ou moins valides.

 

 

 

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Le château de Loches (Logis du Gouverneur)

Donjon du XII ème siècle

Vue intérieure de la Tour Neuve (Salle de la question)

Salle où Charles VII reçu Jeanne d'Arc en Mai 1429

 

Charles VII par Jean Fouquet

Agnès Sorel par Jean Fouquet

 

Agnès Sorel représentée en vierge par Jean Fouquet

Tombeau d'Agnès Sorel